Auprès de moi toujours

Imprimer

Mercredi, 03 Février 2010 21:16

J'aime beaucoup Kazuo Ishiguro. Et je ne suis vraiment pas la seule à le considérer à sa juste place, très haut. aupresdemoitoujours

Il est tout à la fois japonais et londonien, ce qui donne un savoureux mélange. Japonais d'origine et de coeur, on le sent dans ses écrits, pour ses thèmes mais aussi parce qu'on a vraiment l'impression de lire des textes traduits du japonais et non pas de l'anglais.

 

Je l'aime aussi parce que son oeuvre est très variée, passant d'un texte sur la vie d'un peintre dans le Japon d'après-guerre qui souvient de sa jeunesse bohème ("Un artiste du monde flottant" chez Folio) à un texte proche de la science-fiction (celui dont je veux parler aujourd'hui, "Auprès de moi toujours", 7.70 euros chez Folio), à des écrits plus personnels.

Kazuo Ishiguro est un érudit comme un acharné du travail et son public le lui rend bien. En 1995, la grande-Bretagne ( où il vit depuis l'âge de cinq ans) le décore de "L'Ordre de l'Empire Britannique pour "services rendus à la littérature" et en 1998, la France l'a fait "Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres"...sans parler des critiques élogieuses pour ce dernier roman...Que de distinctions tellement méritées!

 

Justement "Auprès de moi toujours", parlons-en. Ce roman est grâce et beauté et d'une puissance qui laisse un échos délicat en nous.
C'est une histoire d'amitié merveilleuse, un triangle presque amoureux d'enfants qui ont grandi et se souviennent...

Kath Ruth et Tommy qui ont en mémoire une enfance commune heureuse dans un pensionnat où ils étaient couvés et protégés. Pour eux, ça a été les années heureuses, l'innocence de cet âge où l'on croit sans limite en la parole des adultes et où on ne se préoccupe que de ses semblables. Mais ce monde aseptisé renfermait ses secreets et en grandissant ces enfants qui ont été retirés du monde s'interrogent sur leur vécu et leur devenir qui a comme une odeur de fatalité...

 

Chacun a alors sa propre intérprétation des choses et nous-mêmes avons besoin de nous imprégner de cette ambiance pour élucider les non-dits.

Société eugénique déguisée en paradis? à vous d'en décider mais vous serez probablement vous aussi, comme Kath, Ruth, Tommy et moi hantés par ce texte surprenant et envoûtant...

 

Belle lecture à vous et rendez-vous le mois prochain avec grand plaisir!
C.